La ferme Nordest: le secret d’une bonne viande

À la ferme Nordest, à Mont-Laurier, on élève les vaches différemment, pour leur plus grand bonheur -et le nôtre.

Les vaches de la ferme Nordest broutent sur 1200 acres de terre, dont 500 de forêt.

Les vaches de la ferme Nordest broutent sur 1200 acres de terre, dont 500 de forêt.

Roger Raymond et Céline Bélec travaillent en famille. Aidés par leurs fils, David et Mathieu, ils administrent une ferme de 200 vaches et de 1200 acres, en plus d’un magasin à Mont-Laurier et d’un kiosque au marché Jean-Talon. Sur la ferme, ils ne sont que deux à prendre en charge toutes les tâches. « Ça fait beaucoup d’heures » dit Roger, et on imagine sans peine la somme titanesque d’efforts que constitue l’administration de cette terre quasi-ancestrale. Rachetée au gouvernement en 1982, elle appartenait originalement à l’arrière grand-père de Roger. « Mes fils sont donc la cinquième génération de producteurs à travailler cette terre ». Et à voir les lieux, on comprend qu’ils y restent.

En faisant le tour du propriétaire avec Roger , nous sommes saisis par la beauté du paysage, et poussons de grands « Oh » et « Ah » à chaque tournant. La voiture tranche à travers les champs d’avoine et d’orge, céréales que Raymond utilise pour nourrir ses vaches. « Ça donne une viande différente, plus blanche, avec un goût distinct » affirme-t-il, ce qui expliquerait la fidélité des clients de la ferme. « On nous dit souvent qu’elle ne goûte pas pareille, qu’elle est meilleure. »

Mais il n’y a pas que l’avoine qui ait une influence sur la viande de Nordest. Les vaches broutent sur 1200 acres de terrain, dont 500 de forêt. « On me dit que je suis fou de travailler comme ça, que ce n’est pas rentable ». Mais cette façon de faire a l’avantage de garder les vaches en santé, et pour longtemps: « Cela fait trois ans qu’un vétérinaire n’a pas mis les pieds sur la ferme » raconte Roger. « Les vaches trouvent tout ce dont elles ont besoin dans la nature. J’en ai certaines depuis 17 ans » dit-il, alors que la plupart des producteurs les gardent 8 ou 10 ans. Dans le parc à bétail, même scénario: alors que celui-ci pourrait accueillir plus de deux cents vaches, Roger n’en garde qu’une vingtaine. « Quand tu as 250 bêtes là-dedans, les maladies se propagent vite et tu dois les mettre sur antibiotiques. C’est hors de question pour moi, même si c’est moins rentable.»

Des façons de faire qui lui valent des critiques, mais Roger ne rentrera jamais dans le rang. « J’ai toujours tout fait différemment » et les clients ne s’en plaindront pas, car ses techniques donnent une viande au goût d’antan, exempte d’antibiotiques. « Mais si c’était à refaire » confie-t-il, « je laisserai la mise en marché à d’autres. Je ne ferai que m’occuper des vaches. » Des tâches en effet lourdes à porter pour les producteurs, et assumées chez Nordest en grande partie par Céline: « Nous aimons que Provender prenne en charge une partie du service à la clientèle. Plutôt que d’avoir à faire avec plusieurs clients, ce qui demande plusieurs suivis et beaucoup de temps, nous faisons affaire avec un seul, et c’est Provender. »

De retour dans les champs, Roger nous présente certaines de ses vaches; il peut en reconnaître une parmi 100. « Une habitude » avance-t-il. Mais probablement aussi beaucoup d’amour.

Roger Raymond et Céline Bélec, fiers producteurs d'ici!

Roger Raymond et Céline Bélec, fiers producteurs d'ici!