Omnivore: pour l'amour de manger

Retour sur la dernière édition du festival Omnivore, qui célèbre la cuisine locale à travers ses chefs, ses produits et beaucoup, beaucoup de plaisir. 

Entre Omnivore et Montréal, il y a une histoire d’amour. Elle dure depuis presque cinq ans déjà et à voir la dernière édition du festival, elle n’est pas prête de se terminer.

De Ségué Lepage du restaurant Le Comptoir à Michael Ruel et Matthieu Gauthier de la brasserie Isle de Garde, en passant par Samuel Pinard de La Salle à Manger, Marc-Alexandre Mercier de l’Hotel Herman, Simon Mathys du Accords et plusieurs autres, cette quatrième édition d’Omnivore a vu des visages familiers défiler mais aussi de nouveaux venus, preuve que ce festival sait conserver des liens forts tout en s’ouvrant à la nouveauté -pour notre plus grand bonheur.

C’est toujours un plaisir d’entendre les chefs parler de leurs produits avec passion et savoir, comme Todd Perrin du Mallard Cottage à St. John’s qui, tout en préparant un boudin blanc, racontait l’histoire de la morue devant un public attentif: «La petite histoire dit que les premiers bateaux à approcher la côte de Terre-Neuve il y a quelques siècles devaient ralentir tant il y avait de morues qui vivaient dans les eaux atlantiques à l’époque. I wasn’t there so I take their word for it. » Ou encore Samuel Pinard de La Salle à Manger qui discute avec enthousiasme de sa relation avec son maraîcher, M. Bertrand, qui fournit le chef en légumes et fruits frais depuis l’ouverture de son restaurant. Parlant de producteurs, impossible de ne pas rendre hommage aux chanterelles de Gaspésie Sauvage, qui ont séduit de nombreux festivaliers, ainsi qu'aux fleurs de Fleur en bouche, délicatement utilisées dans les plats de Julien Joré et Stéphanie Labelle du Cirkus. Céline Bélec était également présente, fière de présenter la viande de Nordest. Parmi toute cette diversité, les deux mottos qui revenaient le plus souvent (dans les mots de Perrin):

"fresh ingredients" et "make it taste good".  

Les chefs qui ont cuisiné pour les festivaliers attablés ce soir-là ont suivi ces recommandations à la lettre. Anton Kovalkov de Moscou, Romain Tischenko de Paris et Jason Morris de Montréal ont tout trois mis la main à la pâte pour concocter un menu en 6 services axés sur les produits d’ici.  Fromage de chèvre crémeux, aneth frais, concombres marinés et cornichons grillés des Jardinets de la Paysanne; maïs grillé à la torche avec porc braisé et salsa verde; poissonà la chair cotonneuse avec sauce miso et kale du marché; tartare de boeuf de chez Nordest avec retailles de pommes de terre frites; glace à l’estragon et granité à l’oseille: la nature québécoise abondait dans ces plats aux textures travaillées et aux saveurs franches. 

Toute cette abondance prend évidemment son sens dans le partage: celui des chefs avec les convives, des convives entre eux et des producteurs avec les chefs. Omnivore c’est une histoire d’amour: entre un festival et une ville,  mais surtout entre des mangeurs, un territoire, et tous ceux qui nous le font découvrir.  À l'année prochaine!