Lili.Co: Une cuisine qui a du coeur

Au Lili.Co, on cuisine les abats et les légumes frais de saison avec humour, plaisir et savoir-faire.

Catherine Draws, co-propriétaire du Lili.Co.

Catherine Draws, co-propriétaire du Lili.Co.

On entre dans le Lili&Co comme on entrerait dans le salon d’un ami: avec aisance, naturel, et une certaine anticipation de plaisir. C’est parce que le chef David Pellizzari et sa compagne et associée Catherine Draws ont misé pour leur nouvelle adresse sur une architecture ouverte, où la séparation entre les tables et les fourneaux est presque abolie et où la cuisine est fraîche et conviviale. « Toujours frais, toujours différent » me répond David lorsque je lui demande avec quelle philosophie ils ont choisi d’orienter le restaurant. Et pour cause: vous ne trouverez pas de menu sur le site du Lili, car celui-ci change tous les jours. David se rend au marché chaque matin pour acheter les ingrédients du soir. Lorsque je viens le rencontrer, il me tend un gros bouquet de chou gras avec l’enthousiasme d’un enfant dans un magasin de bonbons: « Ça c’est le plus beau chou gras que j’ai vu de toute la saison » s’exclame-t-il, et je dois admettre, avec un hochement de tête, qu’il est très beau. « C’est un des producteurs rencontrés par Provender qui m’a apporté ça aujourd’hui, dans un pot en plastique, avec encore un peu d’eau au fond… Tu sais que ça n’a pas passé des jours dans une chambre froide. Ça vient d’être récolté. »

Écouter David parler de son menu est un peu comme faire le tour du territoire local à travers ses produits: des légumes de la ferme Birri, du champignon maitake de l’Ontario, du cerf du fermier Boileau, du veau de l’Île-du-Prince-Édouard nourri au trèfle –dont il cuisine la tête, la langue, les joues, et même les yeux. « Je fais poêler l’oeil avec un peu de gras et de viande dans une farine de tapioca, bien arrosé au beurre. C’est crémeux, c’est gras… c’est bon » explique-il dans un sourire. « Ensuite on sert ça avec des pâtes fraîches. Tu sais, comme une petite blague, spaghetti and eyeballs ». Tout le menu du Lili semble en effet un clin d’oeil (no pun intended) à l’humour et la passion de David pour la cuisine. Lorsque je lui confie qu’après des années en restauration je n’avais jamais vu un chef faire sa préparation lui-même, il répond simplement: « On a du fun. Si je n’aimais pas cuisiner, je ferais une autre job que chef ». Et voilà, tout est dit. Au Lili&Co on mange bien, on mange frais, mais surtout, on cuisine et on mange avec le coeur.

David Pellizzar,i le chef du Lili.Co.

David Pellizzar,i le chef du Lili.Co.

Photos: Alison Slattery